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 Édition du dimanche 26 septembre 2010

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MessageSujet: Édition du dimanche 26 septembre 2010   Lun 27 Sep - 10:27

Intempéries Le Gard, département le plus exposé

Stéphane Roos, délégué départemental du Gard de Météo France, est sous pression, depuis l’alerte rouge du 7 septembre dernier. Ce stress l’accompagnera tout l’automne, saison des orages de plaine et des épisodes cévenols. Le patron de la station météo de Courbessac ne soufflera pas avant la fin décembre. À condition que l’hiver ne ramène pas la neige ! Chargé de responsabilités importantes,ce monsieur Météo Gard fait le point sur une science qui a fait beaucoup de progrès... mais reste perfectible.

Avec trois alertes rouges sur les neuf que la France a connues depuis 2002, le Gard est le champion !
Cette inquiétude est récurrente, puisque ce département détient toujours le record absolu des précipitations : le 28 septembre 1901, il est tombé950 millimètres de pluie en dix heures,
à Valleraugue. C’est plus qu’un typhon !

Qu’est ce que le Gard a de particulier ?

Il est depuis la nuit des temps le goulot d’étranglement de trois influences qui s’y entrechoquent : la Méditerranéenne qui crée des remontées basses et humides et donne des orages ; celle de la Vallée du Rhône qui, entre Alpes et Cévennes, crée un mécanisme amplificateur sur les éléments orographiques ; et enfin, les retours d’est : tout ce qui se passe sur le golfe de Gênes revient, et cela donne plutôt de laneige. Un quatrième phénomène s’ajoute : les tempêtes ouest arrivent et nous touchent aussi. Tout cela interagit. De fait, le Gard est et restera le département le plus exposé de France.

Cependant, l’alerte rouge du 7 septembre était-elle justifiée ?

Elle a pu paraître confuse pour les Nîmois : écoles évacuées mais manifestation maintenue…
Elle était pleinement justifiée. C’est même un cas d’école tant en qualité de prévision que de réaction de toute la chaîne de prévention. La gravité des prévisions l’exigeait. Les alertes invitent surtout les gens à se méfier et à s’informer, mais le grand public ne sait pas que la vigilance concerne tout le département, pendant 24 heures. Fort heureusement, Météo France est à présent capable de faire des prévisions beaucoup plus précises. Le 7 septembre, trois forçages(épisodes pluvieux aggravés, NDLR) étaient prévus. Nous savions que celui du milieu de journée concernerait les contreforts cévenols. Il n’y avait pas péril sur Nîmes. Le préfet nous a donc fait confiance.

Comment pouvez-vous obtenir des prévisions aussi fines ?

La météorologie a fait des progrès substantiels. Nous avons une meilleure connaissance des mécaniques orageuses qui sont d’une complexité inouïe.Nous avons progressé en terme de prévisions numériques. La météo utilise les ordinateurs les plus puissants de la terre : celui de Toulouse s’inscrit dans le top ten mondial. Et nous avons à Manduel,depuis 2009, un radar ultra-moderne.

Concrètement ?

En1988, nous travaillions à des échelles de 40 kilomètres. Dans les années 2000, nous sommes passés à 30 km, puis à 20 km. Depuis 2009,avec la mise en service, à Toulouse, du modèle Arome (Adaptation de la recherche à l’opérationnel méso-échelle), la maille a été ramenée à 2,5km. Nous pouvons également intégrer l’influence du relief, et celle des échanges entre l’océan et l’atmosphère qui génèrent des énergies astronomiques. Dans ce département à risque, nous sommes au top avec ce qui existe de mieux.

Ces ordinateurs au top étaient-ils en vacances lors de la catastrophe de Draguignan ?

Nous avons touché là les limites de la vigilance. Tout ce que la météo pouvait prévoir, nous l’avons fait. Mais il existe des considérations liées au terrain. Il s’est passé à Draguignan un violent et rapide épiphénomène ponctuel, vu par le suivi météorologique, mais la réponse hydraulique a été extrêmement rapide. Les délais étaient trop courts.La science avance, mais face à certains dangereux phénomènes, quand l’instantanée et l’exceptionnel se conjuguent, on fait ce que l’on peut.
Il faut savoir rester humble.


Stéphane Roos, délégué départemental de Météo France : « Le 7 septembre dernier, la gravité des prévisions exigeait une alerte. » Photo M. E.

« En 1988, nous travaillions sur des échelles de 40 km, à présent de 2,5 km »
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