On a 23 fois plus de risques d'être tué à moto ou à scooter qu'en voiture. Un chiffre inquiétant et une réalité quotidienne pour les urgentistes, qui tirent le signal d'alarme. Nous les avons suivis dans
les rues de Paris.

Le scooter, c’est sympa, pratique, rapide, bref, parfait pour la ville.
Mais c’est dangereux, surtout quand il fait beau comme aujourd’hui et qu’on se « lâche » un peu plus. Une évidence presque oubliée, alors que la folie deux-roues déferle depuis quelques années en France : notre pays en compte désormais 2,6 millions.
Mais voilà : « Les deux-roues motorisés ne représentent que 1,6% du trafic, mais sont impliqués dans un accident mortel sur quatre. On a 23 fois plus de risques d’être tué en deux-roues motorisés qu’en
véhicule léger », indique la Sécurité routière, qui s’apprête à publier les chiffres du mois de mars.
Une prise en charge des blessés graves « très préoccupante »
Côté blessures aussi, les usagers paient un très lourd tribut. Fractures de la hanche, de la clavicule ou des poignets dans les cas les plus bénins, mais aussi traumatismes crâniens, voire tétraplégies… Près
de 30000 conducteurs de deux-roues ont été blessés sur la route en 2009. Les médecins du Samu, que nous avons pu suivre au cours de leurs interventions, tirent aujourd’hui la sonnette d’alarme en constatant que la prise en charge des blessés graves « est très préoccupante ». Les
urgentistes voient arriver à l’hôpital des conducteurs qui ont zigzagué entre les files, qui ont passé des coups de fil tout en conduisant, ou des enfants qui portent des casques d’adulte, trop grands pour eux.
« Beaucoup d’accidents graves ont lieu dans les trois premiers mois de conduite, par défaut de maîtrise », constate Christophe Ramond, de l’association la Prévention routière.Toutefois, les professionnels de la route s’accordent à dire qu’en respectant des règles de base — un bon équipement, le respect des règles de dépassement et des limitations de vitesse… —, on évite souvent le pire, d’autant plus que les nouveaux scooters freinent mieux qu’avant.
Encore faut-il savoir les conduire et connaître les règles de sécurité. C’est pour cela que depuis le début de l’année un nouveau stage de sept heures est obligatoire pour les titulaires d’un permis B qui, lassés des sempiternels embouteillages en ville, troquent leur voiture pour un scooter, et se laissent trop vite griser.
Le Parisien