
La décision du gouvernement de supprimer les panneaux prévenant des radars fixes et d'interdire des avertisseurs vire au bras de fer avec les députés UMP, qui redoutent les conséquences de ces mesures très impopulaires, à un an des élections.
Convoquée d'urgence après que le Premier ministre François Fillon a été fortement chahuté, mardi, par sa majorité sur les dernières mesures du Comité interministériel de sécurité routière, une réunion à l'Assemblée nationale entre élus UMP et Claude Guéant n'a en rien calmé la fronde ce mercredi.
"La décision, c'est bien d'enlever les panneaux ! Elle n'est absolument pas remise en cause", a déclaré à la presse le ministre de l'Intérieur après cette rencontre Pas question non plus, a-t-il prévenu, de revenir sur la fin des avertisseurs - qui seraient utilisés par plus de six millions d'automobilistes - alors que l'association regroupant les fabricants a appelé mercredi à bloquer les routes sur l'ensemble du territoire le 2 juin pour dire "non" à une interdiction "injuste".
Au total, plus d'un million de personnes ont déjà signé une lettre de protestation à l'intention de François Fillon, selon l'association.
Tout juste le patron des députés UMP, Christian Jacob, qui se démène depuis plusieurs jours pour éteindre l'incendie, a-t-il pu obtenir que l'enlèvement des panneaux de signalisation, déjà engagé un peu partout en France, soit désormais précédé de réunions de concertation dans chaque département, avec les élus.
Parmi les députés réfractaires à ces nouvelles mesures pour la sécurité routière figure l'élu gardois Jean-Marc Roubaud. Joint par notre rédaction, il a expliqué pourquoi il s'opposait à la suppression des
panneaux annonçant les radars : "C’est vrai que la remontée des accidents sur les routes ne peut pas laisser indifférent.
Mais les mesures prises sans concertation par le comité interministériel ne sont pas les bonnes. (…) Cibler les usagers quotidiens qui circulent beaucoup et vont se faire piéger par de petits excès de vitesse, et perdre leur permis, ne réglera pas le problème des accidents car ce ne sont pas eux
qui sont concernés.
Les accidents, c’est le week-end, la nuit, les sorties de boîtes de nuit : il faut cibler ces situations."
A ce jour, quelques panneaux ont déjà été supprimés : à Besançon ce samedi, à Paris lundi et à Carcassonne ce mardi.