
Pour nous autres, Européens, la moto américaine se résume bien souvent
à un nom : Harley-Davidson. Pourtant, depuis quelques années d'autres
marques locales entendent bien disputer au géant historique quelques
parts de marché. C'est le cas de Victory, qui depuis 2000, propose une
belle et solide gamme de customs de grosse cylindrée. Présentation.
Récemment, nous avons essayé l'Indian,
une marque de moto américaine, prestigieuse de par son glorieux passé
et qui amorce, avec la Chief Classic, un retour plein de promesses.
Aujourd'hui, nous vous présentons la marque Victory, une nouvelle
alternative, que nous jugeons tout à fait crédible, au géant
Harley-Davidson.
Une filiale de PolarisPas d'histoire, pas de modèles mythiques, un nom presque inconnu en
France... Mais d'où sort donc Victory ? Il s'agit tout simplement de la
branche moto d'un constructeur déjà bien implanté aux États-Unis et en
Europe : Polaris. Née en 1954 dans le Minesota sous l'impulsion de
trois associés, cette entreprise présente l'une des premières
motoneiges de l'histoire en 1956. S'ensuit alors une progression
constante sur ce marché, jusqu'à en détenir le leadership quelques
années plus tard. En 1981, Polaris produit un ATV, puis passe très vite
au quad, avec un succès immédiat dès 1985. En 1997, Polaris poursuit
sur sa lancée et introduit la gamme Ranger, des véhicules à 4 et 6
roues motrices à destination purement utilitaire, dérivés de plate
forme quad. Aujourd'hui, les Ranger sont également des références en
matière de véhicules récréatifs à vocation sportive.
Le petit géantUne petite année plus tard, Polaris lance sa gamme de motos, Victory.
Une moto de fabrication 100 % américaine, du département recherche et
développement à l'assemblage dans l'usine de Spirit Lake, en Iowa. La
V92C est vendue en 1999 et plus de 1 000 modèles sont vendus dès la
première année, Victory bénéficiant directement de la bonne image de
Polaris. Le développement de la gamme moto s'accélère par la suite,
avec l'arrivée de plus gros moteurs 100 ci (1 633 cm3) et 106 ci (1 731
cm3) ainsi qu'une signature prestigieuse en ce qui concerne le design :
Arlen Ness. L'ouverture à de nouveaux marchés (Canada anglophone et
Québec, puis Angleterre) permet alors à Victory d'augmenter sa cadence
de progression. En 2008, ce sont plus de 80 000 motos qui sont sorties
des chaînes de fabrication. Victory représente ainsi environ 6% du marché moto US et
se place 6ème constructeur sur le continent nord-américain.
Loin derrière le géant Harley-Davidson qui caracole en tête du marché local,
certes, mais nettement plus "solide" que l'artisanal Indian qui produit annuellement environ 3 500 motos..
Humble, mais plein de motivationLes divers interlocuteurs que nous avons rencontrés lors de nos essais
en Espagne font clairement état de l'humilité industrielle de Polaris,
quelque soit le secteur d'activité. Ayant connu plusieurs périodes
délicates, en perdant leur suprématie du marché
de la motoneige et en se retirant de celui du du jet ski, les exécutifs
du groupe réfléchissent longuement avant de se lancer dans un projet.
Aujourd'hui, ils sont bien conscients que battre Harley-Davidson relève de la mission impossible. Mais voler des parts de marché
au géant HD est un objectif bien réel. Les autres secteurs d'activité
de Polaris n'étant pas épargnés par la crise, Victory s'apprête à
investir les marchés européens et émergents comme l'Asie... Question de survie
